850 millions de budget en plus pour l’éducation ? Désintox !

Jean-Michel Blanquer essaie de “vendre” les baisses d’effectifs de 2600 postes en masquant leur ampleur et en prétendant que 2019 sera surtout marquée par une hausse du budget de 850 millions d’euros. La réalité est que cette hausse est là aussi un trompe-l’œil qui dissimule encore des reculs de moyens, et donc de dégradation des conditions d’enseignement et de travail.

Une hausse qui n’en est pas une.

Le budget de l’EN est de 50,6 milliards d’euros. La hausse de 850M représente donc… 1,7%. C’est exactement le niveau prévu de l’inflation.

Et si la hausse était en fait une baisse ?

  • Glissement vieillesse technicité : 300 M€
    La simple évolution de l’ancienneté, des carrières a chaque année un effet mécanique sur la masse salariale de l’Education Nationale, surtout quand les plus âgés reculent leur départ à la retraite.
  • Application de PCCR : 100 M€
    Les salaires des AESH, versés auparavant par le ministère des Affaires sociales seront désormais mis à la charge du budget de l’Education nationale.
  • Intégration des AESH au budget de l’EN: 213M€
    Les AESH étaient auparavant au budget de la Santé et des Affaires sociales. Ils seront désormais intégrés au budget de l’Education nationale.
  • Prime REP+ : 70 à 150 M€ ?
    La prime de 1000 euros doit passer à 2000 euros en 2019. On ne connaît pas les modalités et donc l’impact  budgétaire exact, mais le coût de cette mesure doit être intégré.
  • Et le Service National Universel ?
    L’application de cette mesure, censée débuter (partiellement) à l’été 2019 par la mobilisation de structures de l’éducation nationale (internats notamment) impactera le budget du ministère. Si le coût global du dispositif à terme a connu des évaluations très diverses (1 à 10 milliards d’euros), on ne sait pas aujourd’hui quel sera le niveau des dépenses pour le budget de l’éducation en 2019.

Sur les 850M€ de “hausse”, au moins 680M€ sont donc consommés avant d’avoir existé. Et des dépenses prévisibles risquent de transformer cet hausse affichée en baisse réelle.

Face à cette attaque sur nos conditions de travail, le SNES-FSU appelle à la grève le 12 novembre.